Quand je suis arrivée en 1ère année à l'école d'inf, j'ai fait la connaissance de plusieurs nanas, dont Audrey, qui allait devenir une amie très proche par la suite.
Audrey n'avait pas vraiment dechance sur un plan médical: elle souffrait d'hypothyroidie (forme dite d'Ashimoto, même, plutôt rare), de migraines, d'apnées du sommeil, bref...
Les années ont passé, les évènements heureux se sont profilés, Audrey a été mon témoin de mariage (non sans avoir chercher à me dissuader de me marier à plusieurs reprises) (elle n'avait pas forcément tort, mais ce qui la chiffonait dans sa chrétienté qui la caractérise, c'est que lui et moi ne nous connaissions que depuis peu), et en retour elle m'a demandé d'être son témoin pour ses Noces, prévues en 2008 (juillet).
Certes heureuse de cette demande, je savais déjà qu'il ne serait pas aisé pour nous de nous y rendre: en train, 800 km, avec un bébé de 4 mois et demi, ça risquait d'être sportif. Je pensais néanmoins que la miss mettrait tout en oeuvre pour accueillir sa témouine d'une façon décente.
Comme je me suis trompée...
Personne pour nous loger là-bas, personne pour venir nous chercher à la gare et nous éviter ainsi 200 euro de frais de location de voiture et la fatigue qui va avec, bref...
Ce mariage a été le parfait exemple de tout ce que je hais dans les mariages: 2h de pose photos, le marié regarde la mariée, la mariée est assise seule et regarde en l'air, etc etc. Poses toutes plus ridicules et anti-naturelles les unes que les autres, quelle horreur.
Ma puce était bien installée dans l'écharpe de portage, c'est son père qui la portait. Les 'réjouissances' se sont succédées, mairie, puis église, puis vin d'Honneur. Tout ça a dû durer 6h, je crois.
6h, ça ne parait rien, mais parlez-en à des parents qui ont un bébé de 4 mois et demi, on ne voit pas les choses de la même manière... 6h, ça veut dire que même si elle a dormi dans l'écharpe, ma fille a loupé 2 siestes, et vu l'heure à laquelle on a quitté la salle du vin d'Honneur, elle allait zapper son début de nuit aussi.
Isolé, ça n'est rien, mais au sein d'une semaine de chamboulement, c'est franchement énorme pour un petit bout de même pas 5 mois qui n'a jamais rien vu d'autre que sa maison et son village depuis sa naissance.
Et puis voilà, arrive le moment où on offre le cadeau aux mariés. Mon cadeau à moi, je le voulais impliqué et personnel, et puisque j'aime le scrapbooking, je voulais leur scrapper un album pour leur mariage. Ça n'a pas plu comme idée, mais alors paaaaaaas du tout, puisque je venais les mains vides (diantre, quelle infamie).
Direction la salle pour le repas. Nous sortons de la voiture, Guillaume, Diane et moi, quand soudain 2 connards (des amis du mariés) nous balancent des pétards.
Des pétards.
Sur ma fille.
Des pétards sur mon bébé.
Hé oué, vous l'aurez compris, notre sang de papa et de maman n'a fait qu'un tour, et nous avons décidé de partir sur-le-champ, parce que le degré d'alcoolisation des personnes présentes était incompatible avec notre présence à nous.
Re-moment de solitude, annoncer à la mariée que son témoin se barre, ça fait pas forcément bon genre.
Bref, nous sommes partis, mi-tristes mi-soulagés.
Evidement, je me suis pris le retour de la vengeance du serpent à plumes sur MSN, quand on est rentrés. Une pluie de reproches à moi qui avait gâché le plus beau jour de sa vie... Et puis plus rien, jusqu'à il y a peu... Un "t'es là?" timide, pour m'annoncer qu'elle attendait un heureux évènement, prévu pour le 1er mars (date de naissance de ma fille).
Ah oué, enceinte? Maiiiis attends, l'hypothyroidie ça provoque une infécondité, surtout la forme d'Ashimoto, hein, tu nous as assez saoulé avec ça...
Alors voilà, Audrey: après tes migraines névralgiques factices, ton apnée du sommeil que les appareils de mesure de l'hôpital n'ont pu mesuré, voici ton hypothyroidie, provoquée probablement par la prise volontaire de levothyrox, hum?
Ça s'appelle un "syndrôme de Munchausen", et je crains le pire pour le bébé à naitre, parce qu'il se pourrait fort que tu bascules sur un mode "par procuration", et que tu fasses volontairement du mal à ton petit, juste pour que les autres te valorisent.
Je suis finalement contente qu'on ne se parle plus, parce que je n'ai plus grand chose à te dire vraiment (et puis tes pseudo sur msn puent tellement la guimauve que j'en suis écoeurée -2be3, quand même, ouah quoi-). Et puis c'est bien que tu n'ais jamais offert à Diane ce petit ensemble acheté pour elle et dont tu me parlais tant, tu pourras le mettre à ton gamin.
Bonne continuation Audrey, et à jamais, sûrement.
Il m'aura fallu du temps pour mûrir le contenu de ce billet, mais je crois que ça y est, je suis prête.
Je suis étonnée du nombre de connexion en ce lieu, je pensais très honnêtement que cela n'interesserait personne de savoir ce qu'il pouvait se passer autour de mon nombril, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit et je ne m'en suis jamais cachée.
Et puis je me dis que peut-être, ma situation atypique pousse à la curiosité, je ne sais pas.
Bah oui, une nana mariée et maman depuis peu qui déblatère autant sur le père de sa fille, ça interroge, fatalement. Et puis je me doute bien que certaines choses sont mal perçues, surtout quand on juge sans connaître le contexte.
Alors voilà, comme ça le contexte sera connu de tous ceux que ça intéresse.
(en plus c'est sympa de me lire, je peux m'adresser directement à vous comme ça ^^)
Tout a commencé quand j'ai rencontré Guillaume, celui qui allait devenir mon mari et le père de ma fille.
J'ai tout de suite pensé qu'il était différent, pas comme les autres; j'ai entrevu notre vie commune très vite, et tout s'est fait très vite d'ailleurs... J'étais amoureuse et passionnée, vraiment.
Et puis ça a commencé à partir en quiche, très vite: 6 mois après avoir fait connaissance, Guillaume est venu s'installer chez moi, à Nancy. Il est très vite tombé dans une espèce de déprime qui nous a pas mal esquinté tous les deux. Sur l'entrefait, un frottis du col de l'utérus a démontré la présence de cellules pré-cancéreuses chez moi. J'avais choppé un papillomavirus, et il a fait son nid sans souci dans mon organisme fragilisé par une perte de poids très importante. L'annonce a été dramatique pour moi, parce que j'étais seule à ce moment-là. Et quand je l'ai annoncé à Guillaume, ça a été la douche froide: je m'attendais à être soutenue, ça n'a pas été le cas DU TOUT.
Je savais que ça existait, le déni, mais franchement pas à ce point. M'entendre dire que non, je n'avais rien, que ce n'était pas grave alors que le gynéco me parlait d'hystérectomie et de laser, ça m'a détruite, probablement plus que le cancer en lui-même.
Et puisque Monsieur ne voulait pas m'accompagner chez le gynéco quand c'était pour les biopsies (sans anesthésie, bien entendu), hé bien j'ai serré les dents et j'y suis allée seule.
Je crois que c'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à me sentir très seule en permanence, alors que je vivais avec quelqu'un.
Ça a continué ensuite avec des trucs plus ou moins graves, en faire le listing serait trop long et pas franchement palpitant.
Et puis ça s'est tassé un peu, jusqu'au mariage.
On a vécu de beaux moments, les semaines précédant le mariage ont vraiment été une jolie période pour nous deux, j'ai retrouvé le Guillaume dont j'étais amoureuse, je me sentais bien, j'étais fière de devenir sa femme, j'étais prête à m'engager avec lui.
Et puis ça a été le jour de notre union. Guillaume m'a surpris (positivement) par son comportement, je l'ai même vu pleurer à la mairie. Moi, pleine de la béatitude de la jeune mariée, j'ai bêtement pensé qu'il pleurait de joie et de bonheur. Je suis tombée de haut quand, en en reparlant un peu plus tard, il m'a dit avoir pleuré en pensant à tous les hommes qui s'étaient battus pour qu'en France on puisse se marier librement...
Ensuite il est parti à Rennes, et je pensais encore une fois que les choses iraient mieux s'il bossait dans une bonne boîte, avec un bon salaire et des amis solides (son témoin de mariage l'avait coopté). Moi je devais rester à Nancy encore, je n'avais pas terminé mes études. Et le manque de moyens faisant, je n'ai pu aller à Rennes qu'une seule fois, fin février. Moi qui me faisais une joie de revoir mon homme (encore heureux hein ^^), je suis, une fois de plus, tombée de haut: je ne l'ai pas reconnu. Les rares moments d'intimité qu'on a pu avoir ont été terribles, je me suis sentie violée, violentée, nous avions perdu toute la complicité qui nous unissait, il en avait même oublié nos "petits trucs" rien qu'à nous.
Je suis rentrée, vraiment boulversée. Quelques amies à qui j'ai raconté mon désarroi m'ont conseillé de me barrer et de divorcer, mais je ne voulais pas l'entendre, je me disais que ce n'était qu'un accident de parcours comme il en arrive parfois, je croyais en nous.
Et puis enfin je l'ai rejoins à Rennes.
Et là j'ai vraiment compris que je serai seule, toujours. Loin de mes ami(e)s, loin de ma famille, en couple avec quelqu'un que je ne reconnaissais pas, j'ai vécu des moments très durs. Surtout que mon premier taf, pris dans l'urgence financière, m'a achevé en 3 semaines chrono. J'ai été arrêté pour dépression nerveuse, j'avais perdu 10 kg en à peine 20 jours (ça m'était déjà arrivé, mais bon).
Et puis il a fallut qu'on fasse le déménagement, qu'on revienne et reparte de Nancy. Sur la route, on a évoqué le divorce, et puis... Comme toujours, probablement par un manque de motivation de ma part, j'ai laissé couler.
Et le 15 juin 2007, j'ai découvert qu'il se trâmait quelque chose de pas clair dans mon utérus. Quand j'ai enfin réalisé que j'étais enceinte, ça a été un pur tsunami dans ma tête: je n'avais qu'une envie, hurler ma joie à tout le monde, mettre une affiche en 4 par 3 pour que tout le monde le sache, bref.
Je me souviens même avoir pris en photo la ptite bandelette de test pipi avec les 2 traits, et avoir halluciné dessus pendant au moins 2h en me disant "c'est pas possible, y a une erreur, je ne suis pas enceinte". Pour confirmation, j'ai envoyé la dite photo au futur papa, qui a laconiquement répondu un truc très froid, qui s'apparentait à un "oh non putain, pas déjà". BLAM, une douche froide pour la dame, une.
Encore une fois je ne vais pas vous faire la génèse de toute ma grossesse, mais je suis allée de déception en déception. Je me souviens de la première écho, quand la crevette mesurait 8 mm et que la radiologue nous a fait écouter son coeur. Moi, émue aux larmes, lui "bah oué quoi, c'est un bébé..." sans un sourire, rien.
Ça n'a pas été constant bien entendu, mais une fois de plus les moments de grâce ont été trop rares. Je suis allée à la dernière échographie seule, je suis allée à tous les rdv gynéco seule, etc, etc. J'ai choisi seule la maternité où j'allais donner la vie (pour ensuite me faire reprocher d'avoir choisi une clinique et pas un hôpital public), j'ai entrepris seule les travaux dans la chambre de mon bébé, j'ai envisagé seule comment allait s'organiser la vie de la maisonnée autour de ce petit être, j'ai angoissé seule à l'idée qu'il se passe quelque chose in utero.
Et puis le jour de l'accouchement, personne pour m'accompagner avant 13h (monsieur dormait, faut dire qu'il était rentré tard, 22h c'est pas une heure pour se coucher hein), et moi qui souffrais, seule.
Mon arrivée en salle des naissances, seule.
Mon installation sur la table d'accouchement, seule.
Les contractions, la douleur, la perf de cynto, seule.
Le départ en salle d'op pour la césa, le bloc, seule (monsieur n'a pas eu le temps de se changer)
Les premiers cris de ma fille, seule. Et mes larmes de soulagement parce qu'elle allait bien, juste les miennes, seule.
Les premières minutes avec elle à la découvrir, sa peau contre ma peau, seule (monsieur était parti manger)
Et puis le séjour à la mater, seule avec ma belle tout le temps, les cauchemards la nuit sur mon très court temps de sommeil, parce que j'avais peur que monsieur me quitte et me laisse seule (pas besoin qu'il me quitte pour ça, m'enfin bon).
Les difficultés de l'allaitement maternel, seule.
Le retour à la maison, les premiers mois, les bains, les têtées, toujours seule.
Seule, sans soutien, je me suis désinvestie de ce couple qui me blesse.
Le pire, c'est quand j'en ai parlé avec lui. Je lui parlais de son absence durant les 1ères minutes de vie de son enfant, il me parlait de ma passion pour le micro-ondes et du fait qu'il acceptait de manger des plats réchauffés par le même suscité, alors qu'il savait cela nocif.
Et voilà comment j'ai décidé, en total accord avec mon instinct de survie, de ne plus accepter rien qui ressemblerait à ça pour tout le restant de ma vie conjugale.
Oui je sais, il faut laisser du temps aux papas, ils ont parfois du mal à intégrer le fait qu'ils ne sont plus tout seuls, machin, mais là ça fait bien trop pour moi. Je ne suis pas du genre à baisser la tête et à fermer ma gueule juste pour pouvoir me dire dans 20 ans que j'ai été une épouse émérite qui a mené la barque familiale d'une main de maitre.
Je suis en couple, je vis à deux, je ne vois pas pourquoi j'aurai le devoir de me substituer à l'autre encore et encore.
Alors voilà...
Voilà pourquoi je suis blasée, voilà pourquoi je suis triste. J'ai donné mon coeur et mon amour, et je me sens bafouée parce que mes souvenirs seront à jamais entâchés par son absence et/ou son comportement (bah oué, si certaines choses peuvent malgré tout passer à la trappe, il me parait dur d'oublier le jour de mon mariage ou la naissance de ma fille).
Comment peut-on se tromper autant sur quelqu'un qu'on aime?
Peut-être justement parce qu'on l'aime, et que les Anciens nous ont toujours appris que l'amour rendait aveugle...
Et quelle déception alors de se rendre compte qu'on s'est plantée sur celui pour qui on aurait accompli le meilleur comme le pire, celui avec qui on avait déjà tout envisagé.
Et quelle hâte alors qu'il ne se souvienne plus...
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Au lieu de la joie et du bonheur, je ne ressens qu'oppression et malaise quand tu viens me parler. Je me contrefous de savoir que quand tu baises ta copine, tu es obligé de fermer les yeux pour t'imaginer que c'est moi à sa place.
Je me contrefous de savoir que tu passes ton temps libre à te palucher en repensant à nous deux.
Je me contrefous de tout ça, et ça me fout la gerbe que tu fasses subir ça à ta compagne, que tu n'ais pas le courage de lui avouer que tu ne l'aimes pas et que tu ne restes avec elle que par peur des représailles et de la solitude.
À vrai dire, c'est dans ces moments-là, quand je te trouve si lamentable, si petit, que je suis heureuse d'avoir quitté ta route.
Ce n'est pas moi que tu aimes, Stéph, même si tu te plais à le croire. Ce que tu aimes, c'est le souvenir d'une vie amoureuse et sexuelle faste et épanouie. C'est sur ça que tu n'arrives pas à tourner la page, pas sur moi. J'ai mis du temps à le comprendre, malheureusement, j'ai brûlé d'espoir qu'un "Nous" vive de nouveau, j'ai pleuré, prié, supplié, mais rien n'y a fait, tu m'as juste dit que nos routes se recroiseraient forcément un jour. Je n'en suis plus si certaine. Je ne suis plus certaine d'en avoir envie.
Je déteste t'entendre salir ce souvenir si pur que j'ai de nous, moi qui parle de toi comme "mon premier grand amour", moi qui dis à qui veut l'entendre que tu auras toujours une place dans mon coeur. Ton immobilisme m'a fait partir, ta pervésion me fera-t-elle te fuir?
Possibly maybe...
Pourquoi un blog si "dark", si sombre?
Pourquoi ce besoin de mettre des mots ici plutôt qu'ailleurs?
Pourquoi une telle envie de ne parler que de moi?
Parce que la toile a beau être étendue, le monde est petit. Et il est tellement facile de tirer sur une ambulance.
Parce qu'il devient difficile de cracher sa haine sans avoir à se justifier.
Parce que j'en ai marre d'un milier de trucs, qu'un milion me débectent et qu'un milliard ne sauraient me réconforter.
Ici c'est mon défouloir, mon vide-ordure, mes oubliettes, mes chiottes.
Ici ce n'est pas forcément plaisant, la vie ne l'est pas non plus.
Ici c'est chez moi, je t'invite à y entrer mais s'il-te-plait, tais-toi.
(et tu auras remarqué, avec un brin d'intelligence, que je cultive un culte cucul au chiffre 3, qui relie le ciel et la terre.)